Montréal

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Contestation étudiante Méprise 3

15-05-2012

Contestation étudiante Méprise 3

Par Michel Frankland                   

 

Je comptais enchaîner aujourd’hui avec  les quelques méprises gouvernementales. On verra qu’elles sont lourdes de conséquence. Mais il m’apparaît plus éclairant de révéler des facettes  de l’agit-prop marxiste non plus théoriques, mais bien telles que je les ai vécues.

Je suis prof à Bois-de-Boulogne. Nous  sommes en 1970, à une année près Les marxistes chez les profs sont bien organisés. Entre autres, il y a un prof d’histoire marxiste remarquablement efficace.  À son sujet,  un ministre péquiste qui a constaté à la dure, comme ministre du  PQ,  le tort qu’il  a fait à la démocratie, m’a confié : «Il faudrait le tirer !»  En fait, ce prof est de la mouvance maoïste.  Donc, plus actif, plus intuitif, plus retors. Plus militant. Son groupe vient de nous passer un sapin – je ne me souviens plus ce que c’était. Je produis un texte de fond sur le cas en question et sur leur attitude marxiste, que je décape au grand jour.  Je distribue mon text dans  les casiers des profs. Je reçois des félicitations de gens qui n’avaient pas osé dire ça. Mais la liberté pour  moi est sans prix.

Les marxistes sont des guerriers. À la prochaine assemblée, ils vont se venger. Un des principes de l’Agit-Prop (recettes de combat du parfait petit militant marxiste) : répéter fréquemment, en assemblée, par plusieurs personnes placées un peu partout dans la salle,  le nom de l’ennemi des apôtres du Grand Soir : «Frankland, dans son texte négatif, prétend que […] Michel Frankland, avec ses remarques fausses[…]».  Et ça continue. Le sens apparaît évident à tous. Cette concertation bien huilée vise un double effet : m’affaiblir psychologiquement. Me dire : prends garde, on t’avertit, ne continue pas avec attitude.  Sinon, on va te harceler pour vrai. Deuxième effet, enlever à mes ami(e)s  le goût de parler dans le même sens que mon texte. Car alors, ils y goûteront aussi.

Un chercheur  américain veut étudier le comportement social des rats, avec l’idée, par la bande, de le comparer avec celui qui prévaut chez les humains.  Il fait installer plusieurs caméras dans une partie des égouts que les ouvriers de la ville ont spécifiée être un lieu de fréquentation des rats. Et il constate entre autres ceci : lorsqu’un nouveau rat arrive dans ce forum de rats, si les rats décident de le rejeter, deux cas peuvent se produire : ou bien ils le tuent, ou bien ils se retournent dans la direction opposée et grattent le sol en signe de rejet du nouveau. Et le nouveau rat… meurt.  Comme quoi il est extrêmement difficile à un vivant, rat ou humain, de s’opposer au groupe. L’Agit-Prop l’a bien enregistré.  Je reviens plus loin sur l’Agit-Prop.

Je fais un saut dans le temps, mais pour enchaîner avec ce sujet.  C’est vers 1988 ou 90. Je me rends compte que nos cotisations syndicales servent, entre autres, à promouvoir des publications marxistes.  Notre syndicat n’a requis ni reçu aucun mandat dans ce sens. Ni le niveau régional. Ni la CEQ au niveau du Québec. J’en parle à quelques-uns. Il se dégage deux points.  Sachant l’effort, à la fois administratif et affectif (voir la concertation bien huilée, plus haut) pour cesser d’investir nos cotisations dans ces publications, on me parle de vivre avec.  «C’est pas grave. T’oublies ça.» Du tout ! La liberté, c’est sacré ! Et, lorsque j’analyse ce qui se passait en moi alors, c’est moins la liberté au sens de «je veux m’épivarder où je veux» qu’une question d’authenticité : je déteste l’hypocrisie (ce qui diffère de la diplomatie, toute vérité n’étant pas bonne à dire). Je ne veux pas, comme plusieurs, m’accommoder d’un mensonge collectif.

J’envoie donc une lettre laconique au syndicat.  Ça dit en substance : «Mes cotisations servent  à promouvoir des publications marxistes. Vous n’avez pas reçu le mandat de promouvoir une idéologie que ne partagent pas une grand majorité de profs. Veuillez donc considérer la présente comme mon refus de faire partie du syndicat.» Je me demande même si j’ai  été aussi explicite. Car ma raison de quitter avait fait le tour des ragots de corridor.

Luc Macot est un ami prof de physique. Il a découvert, avec un collègue, vers 2006, quelque chose sur la nature des particules (ou de quelque chose de stellaire ?) qui a fait le tour du monde scientifique. Il me signale, peu après mon retrait du syndicat, et pour montrer qu’il apprécie ce que j’ai fait : «Tu es comme un aigle avec des petits oiseaux. Toi seul as eu le courage de tes convictions.» Pourtant, je ne me suis jamais perçu comme un héros. Simplement, je veux vivre conformément avec mes convictions.  C’est quelque chose d’automatique chez moi. C’est, je crois, dans les gènes. Une phrase de Mauriac me revient. Je cite de mémoire : «Si un écrivain mérite d’être sauvé, c’est dans son absolue impossibilité à être autre chose que lui-même.» Au fond de moi, je suis sûr que c’est relié tout à fait à ma foi en Jésus. Jésus est la Voie, la Vérité et la Vie. Accepter que mes cotisations servent à ce mouvement étranger à mes convictions, athées de surcroît, c’est non seulement une erreur humaine, et une erreur politique. C’est aussi  une erreur à la fois religieuse et même métaphysique. Je renierais ma définition même.

Dans le prochain article, je fournis d’autres témoignages révélateurs

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