Montréal

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Overdose à Occupy Vancouver et dans Downtown Eastside

15-11-2011

Overdose à Occupy Vancouver et dans Downtown Eastside

Deux poids deux mesures?

Par Claudie Beauvais     

Le 5 novembre dernier, Ashlie Gough est retrouvée morte dans une tente du campement Occupy à Vancouver.  Opportuniste, le maire, Gregor Robertson, ordonne la fermeture du campement, soi disant pour la sécurité du public et dans son intérêt.  À quelques kilomètres de là, dans le Downtown Eastside, c’est 125 personnes  qui meurent d’une overdose, en une seule année.  Est-ce que cela semble préoccupant pour le maire de Vancouver?  Non, pas tant que ça.  Est-ce qu’il cherche à y assurer la sécurité des gens ou à préserver leur intérêt?  Est-ce qu’on en parle dans les médias?  Pas vraiment, ou du moins pas avec la même ferveur que dans le cas de la mort tragique de cette jeune fille à Occupy.  C’est que, semblerait-il, les milliers de toxicomanes, prostituées, itinérants, alcooliques et psychiatrisés qui ont le code postal le plus défavorisé du Canada, ne sont pas des gens, ce sont des problèmes qu’il vaut mieux rendre invisibles.  Plutôt que d’investir dans des initiatives sociales qui pourraient redresser la situation, plutôt que de regarder en face ce problème en encourageant la prévention, la réduction des méfaits,  la réduction de la dépendance, le traitement, et dans une moindre mesure, la répression, plutôt que de faire construire des logements abordables, le maire fait ériger des condos un peu partout afin de revitaliser la ville. Des condos hors de prix qui plus est, aménagés sur des sites dont les gens sont évincés, se retrouvant sans endroit ou aller alors que les problèmes de logements sont déjà criants.   On repousse, isole et amplifie encore plus le problème plutôt que de s’y attaquer en profondeur.  D’ailleurs, le budget alloué aux initiatives sociales a été coupé du tiers dans les dernières années alors que la demande d’aide est en croissance constante.  En 8 ans seulement, le nombre des sans-abris à Downtown Eastside à doublé, passant à 2000.  D’autre part, au court des 10 dernières années se sont plus de 60 femmes qui y sont disparues, des femmes autochtones principalement.  C’est dans cette partie de la ville également que 40% des agressions et des vols sont commis, et le taux de prévalence du sida y est équivalent à celui du Bostwana, avec 30% de la population qui est infectée.  Comment se fait-il alors que le maire de Vancouver se préoccupe à ce point d’Occupy et du cas isolé qu’est la mort, regrettable, d’Ashlie Gough?  Qu’il s’empresse de prendre des mesures alors qu’il a manifestement d’autres chats à fouetter, et beaucoup plus préoccupants ceux-là, à Downtown Eastside?  Il y a fort à parier que le but derrière tout ce branle bas de combat soit d’essouffler le mouvement Occupy, qui commence à déranger de plus en plus les décideurs. On peut d’ailleurs le constater dans plusieurs autres villes du Canada comme Québec et Victoria.  Il est tout à fait illogique de semer les indignés de Vancouver de lever le camp à cause d’un incident  qui ne fait que refléter un problème important de la ville, qu’est la consommation de drogue.  Dans ce cas ci, il s’agit clairement d’un prétexte afin de mettre fin à un mouvement qui s’oppose au système actuel et aux injustices qu’il engendre.  Comme dans le cas du tristement célèbre « quartier chaud » de la ville, on cherche à rendre invisible ce qui dérange. Certes, Gregor Robertson peut tenter de tuer

Occupy, mais que fera-t-il avec le Downtown Eastside?

N.B.  Je tiens à remercier Marjolaine Flynn qui a contribué à cet
> article en participant à la recherche ainsi que Nérée St-Amant,
> professeur du cours de SVS1500 qui me l’a inspiré.