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Fragilité humaine -3 dilemme des politiciens ; désaffection populaire

31-08-2011

Fragilité humaine -3  dilemme des politiciens ; désaffection populaire

Par Michel Frankland         

Rappelons notre postulat de la série d’articles sur la fragilité humaine : le caractère exponentiel de l’information, dont le degré d’assimilation mesure la capacité intellectuelle, entraine l’accroissement constant de l’incompétence des citoyens.

Considérons-en ensemble les conséquences sur l’univers politique. Nous identifions deux de ces conséquences aussi  néfastes l’une que l’autre. L’une concerne le politicien ; l’autre, lepeuple.

Les citoyens jaugent de moins en moins correctement les enjeux complexes impliqués dans les décisions gouvernementales. En effet, l’acte politique  se conjugue selon des paramètres variés. La construction d’un pont était une réalité simple du temps de Duplessis – on souviendra de ses promesses à ce sujet : «Si vous votez pour moi, je vous construirez un pont­­ ». Aujourd’hui, cette construction tient à de multiples facteurs.  Laquelle des entreprises, dont certaines  d’autres pays, se qualifie le mieux pour ce projet ? On doit aussi faire le tour du village global qu’est la planète pour investiguer les dernières découvertes sur le traitement de l’acier. Que valent les résultats en ce sens provenant de chercheurs de Changai ou Sao Paulo ? Y a-t-il une crise syndicale à l’horizon – soit ici ou dans un pays dont nous comptons  exporter des boulons beaucoup plus résistants ? Un nouvel épisode du déroulement de la crise économique rendra-t-il  exorbitant  les coûts de construction ? Et deux des entreprises québécoises finalistes pour un sous-contrat intéressant allument une lumière  rouge pour la cote du parti au pouvoir.  Car l’une d’entre elles, jugée un peu plus appropriée que l’autre, se trouve liée au pouvoir tant par ses dons substantiels au parti régnant que par l’identification de quelques anciens députés du même parti qui ont été nommés, à cause de leur supposée compétence administrative…

Mais le citoyen, parce que perdu dans l’océan  de l’information, réduit tous les problèmes d’une manière qui rappelle les jugements sommaires autour d’une bière à la taverne.  Puisqu’il ne pourra jamais  nager efficacement dans le dit océan, il se rabat sur sa propre expérience. Le ton qu’il  adopte reflète son exaspération devant la complexité de plus en plus marquée de tout projet. «On veut un pont ! C’est clair !»  Et il ne comprend pas les tergiversations du conseil des ministres. Harper, de sa colline parlementaire, a fait écho aux avancés des entreprises oeuvrant à la réfection du Pont Champlain. Il appert qu’en finissant de terminer les trois aspects de sa réfection, le pont, sans autres dépenses,  sera sécuritaire pour 10 ans.  Et Harper sait fort bien que dans 5 ans ou un peu plus, au rythme où vont  les recherches sur l’acier,  on aura peut-être mis au point un produit deux fois moins pesant et trois fois plus résistant que l’acier disponible.

Non ! Le peuple n’en veut rien savoir. Le peuple a tendance à la spontanéité instinctive ; c’est encore plus le cas dans ce climat énervant de la surenchère de l’information, où il se sent de plus en plus dépassé. Un pont !  On a nommé les  politiciens pour qu’ils fonctionnent. Qu’ils fassent leur job !

D’où le dilemme des politiciens. Il se formule ainsi : «Si je fais part au peuple de la complexité de l’affaire, ce qui implique la réfection, le peuple nous sort du pouvoir aux prochaines élections». Il se voit donc confronté à opter pour un projet au total moins rentable et être élu ; ou dire la vérité et provoquer l’exaspération  et la suspicion populaires.

Plus généralement, l’animal  politique, plus calculateur que courageux, cèdera aux pressions  qui interdisent qu’on prononce le nom de Jésus à Noël. «Et pourquoi interdit-on les arbres de Noël !»

Bref, en cent manières le peuple se sent trahi, à tout le moins perçoit-il que ses élus  obéissent à des impératifs autres. Il soupçonne des retours d’ascenseur occultes et/ou la peur de groupements extrémistes connus pour leur impatience vengeresse.

Assuré par de multiples indices être largué par ses élus, le peuple croit de moins en moins à la politique. La diminution constante  du pourcentage de votants en constitue une preuve imparable.

D’où la boutade,  rappelée de temps à autre : «Les politiciens, c’est comme les couches.  Il faut les changer souvent, et pour les mêmes raisons.»

Michel Frankland
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