Jean Giono, les sauvages d’IQT et les autres.
Par Jean-Paul Kozminski
«Voilà , on met la clé dans la porte, prenez vos affaires, rentrez chez vous, on ferme!»
Attirée par de «généreuses subventions» la compagnie déménage, suivant la route tracée par Electrolux, vers le Tennessee.
Amir Khadir s’insurge face à ce capitalisme primaire du XIXe siècle et note une offensive antisyndicale car le 12 juillet dernier les employés étaient officiellement représentés par le syndicat des métallos.
Madame Lise Thériault, Madame Pauline Marois aussi dénoncent l’arrogance des dirigeants d’IQT solutions. La médiatisation des agissements des responsables de IQT a déjà eu des conséquences : le maire de Nashville veut avoir des réponses claires aux questions que tout le monde se posent sur l’attitude cavalière des propriétaires de cette entreprise. En attendant il suspend les octrois prévus.
Que faire devant une attitude aussi inacceptable que méprisante? Premièrement dénoncer ces profiteurs qui ne pensent qu’à exploiter les gens. Ensuite encourager le syndicat des métallos et nos gouvernants à se servir de tous les outils possibles pour poursuivre ces rapaces New-Yorkais qui regrettent sans doute le temps béni du colonialisme et de l’esclavage. Les poursuivre pour qu’au moins ils paient les semaines travaillées et le 4% prévu dans nos lois. Les poursuivre pour que leur nom soit identifié aux pires des profiteurs.
Le syndicat des métallos engage un bras de fer et compte sur l’aide des syndiqués américains pour qu’ils fassent connaître les agissements de cette «entreprise». Daniel Roy, dirigeant syndical, est outré. Nous aussi.
Dans un éditorial, M.Pratt de la Presse, soulignait l’importance des syndicats, rempart des plus faibles. Bien sûr nous entendons parler aussi des dérives syndicales mais nous oublions trop souvent le rôle essentiel de nos Unions face à un arbitraire patronal dont nous voyons les conséquences quasi journalières, au Québec et ailleurs dans le monde. Une des conséquences les plus graves c’est de «monter» les gens les uns contre les autres.
Voici ce qu’écrivait Jean Giono à propos de ceux qui divisent pour régner. Lui qui avait connu les tranchées, la boue, la peur. Qui savait, qu’en face aussi, un homme dont l’uniforme était différent, pataugeait dans la boue et avait peur.
Je cite cet auteur : «La guerre n’est pas une catastrophe, c’est un moyen de gouvernement. L’État capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, des hommes en chair et en os. Il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital. Pour produire du capital, il a, à certains moments, besoin de la guerre, comme un menuisier a besoin d’un rabot. Il se sert de la guerre. L’enfant, les yeux bleus, la mère, le père, la joie, le bonheur, l’amour, la paix, l’ombre des arbres, la fraîcheur du vent, la course sautelante des eaux, il ne connaît pas. Il n’a de lois que pour le sang et pour l’or. L’État capitaliste nous cache gentiment le chemin de l’abattoir.»
Oui,  je rapproche les écrits de Jean Giono de la situation d’IQT. Une forme de guerre économique subtile, sournoise, menée par le désir de faire de l’argent sur le dos des soldats-travailleurs dont la solde est minimale. Pas de sang, pas de mort, du moins en apparence. Mais quand on est touché par une mise à pied, un renvoi, on en ressort meurtri, diminué, incompris, méprisé. Une forme de mort.
Tout ce gâchis pour la sainte piasse.
Alors? Les «Unions» sont-elles le dernier rempart face à l’avarice?






