L’espionnage conçu différemment à gauche et à droite
Par Michel Frankland
«Un bon espion vaut mille soldats.»
Sun Tsu, L’art de la guerre
La diplomatie, affirme le dicton, constitue une façon de mener la guerre autrement. De  même, l’espionnage est une autre avenue de la diplomatie.
Entre autres fonctions, gauche et droite utiliseront leurs contacts dans le pays hôtes pour dénicher des personnes qui pourraient travailler pour eux. Cela suppose beaucoup d’observations et d’analyses. On sonde le terrain délicatement. On étudie les ressorts psychologiques et les véritables motivations des sujets potentiels.
On perçoit déjà une différence de fonctionnement entre la gauche et la droite. La gauche fera tout en son pouvoir pour placer des travailleurs dans l’ambassade étrangère. Cuisiniers, personnel de ménage, etc. Par exemple, à cause d’une maladresse, les Américains avaient découvert que la chef espionne de leur ambassade était la cuisinière. Son rôle, assigné avec minutie par le KGB, consistait dans la cueillette de renseignements dont le registre était clairement défini, et également de surveiller les deux ou trois autres Russes qui oeuvraient comme employés également espions. Les Américains ne purent jamais agir de la sorte. Les ambassades des pays de l’Est s’y objectaient formellement alléguant toutes sortes de raisons.
La droite est plus régulière. Elle investira beaucoup d’énergie à identifier les nationaux intéressés à travailler pour eux. Si ce travail est bien fait, il rapportera de toute façon beaucoup de dividendes.
Mais le corps diplomatique est particulièrement surveillé. Dans le monde glauque du renseignement, les gouvernements de gauche ont, beaucoup plus que leurs contreparties de la droite, jouer au chat et à la souris. Ainsi, ils mettront en contact un de leurs agents pour que, au fil des rencontres avec les gens de l’ambassade, il devienne espion contre son pays. Il s’agit alors d’un comédien crédible. Il tergiversera. Il alléguera le danger, la répulsion à trahir son peuple… mais il se laissera convaincre après une période normale. Son rôle consistera à la fois à fournir des renseignements sur ses contacts  et à les intoxiquer de demi-vérités ou de vérités sans trop de conséquence. Ou encore, le pays hôte ayant appris que le pays de l’ambassade a découvert une vérité de poids, la fera passer par son contre-espion. La mise en scène sera au rendez-vous. Le contre-espion demandera une rencontre d’urgence. Et, enthousiasmé, il «révélera» cette vérité de poids. Cela n’aura rien coûté et augmentera sa crédibilité comme source fiable de renseignements.
La droite, plus simple, a découvert que l’immense majorité des renseignements cherchés avaient été publiés. Les tenants de la droite mirent donc de plus en plus d’énergie à fouiller les nombreuses publications parues aux quatre coins de la planète.
Autre distinction. La gauche est instinctivement assurée que la subtilité humaine dans le renseignement vaut tous les gadgets du monde. Que les pays fortement structurés, comme le sont généralement les pays de gauche, traitent les humains comme des ilotes n’a rien à voir avec leur conviction de l’efficacité de  la machine humaine. Ainsi, les systèmes de renseignements de gauche ont régulièrement placé des taupes en pays ennemi. Ils figurent parmi les espions les plus intelligents. Ils doivent s’investir entièrement dans la civilisation ambiante. Ils deviendront marguilliers de leur paroisse, ou coach d’un club de baseball pour les 10-12 ans, Si bien que devant des accusations éventuelles d’espionnage, la communauté s’indignera : «Bin voyons donc! Ça fait 20 ans qu’on le connaît. C’est un citoyen modèle !» Et la grande majorité des gens du quartier y verront une bavure du système de contre-espionnage.
Même que les Russes avaient bâti un village qui était une réplique parfaite d’un village du Mid-Ouest américain. Avec l’accent impeccable. Les mêmes journaux.  En ce sens, on a arrêté à l’aéroport Trudeau un espion russe qui avait appris parfaitement le québéquois en Russie. C’est pourtant une langue fort difficile à maîtriser par un étranger.
Les Américains, à part la recherche dans les publications, ont également opté pour l’espionnage du haut des airs. On se souvient probablement de Gary Powers. Le 1er mai 1960, ce pilote, le plus expérimenté des U-2, dirige un vol de renseignement au–dessus de l’URSS. L’avion est descendu. Powers passe en cours, filmé à souhait par la presse de la planète. La preuve, avec les appareils à photo récupérés, s’avère vite accablante.
Bref, la gauche, marquée par l’importance de l’humain, crée un univers de renseignements conséquent à cette prémisse. La droite, plus portée sur la technique, développe de préférence cet aspect dans sa quête de renseignements. La droite agit comme un chien ; la gauche ressemble davantage aux menées mystérieuses du chat.
Michel Frankland
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