Menacés par la nouvelle droite?
Par Claude Snow                   Â
Les gens de droite sont obsédés par la justice égalitaire qui consiste à donner à chacun la part qui lui revient selon le travail qu’il a fait. Cette idéologie est profondément ancrée dans la tête des gens.
Ce que les gens de droite craignent le plus, en fait, c’est le socialisme. Ils le voient comme le diable en personne. Ils essaient de nous convaincre que le principe redistribution est absurde et voué `l’échec et que seul un système où l’effort individuel est récompensé peut conduire à la réussite.
Les gens de droite ont une logique implacable. Elle est fondée sur un seul principe : «la richesse doit aller à ceux qui travaillent à la sueur de leur front». C’est une logique purement économique, égocentrique et individualiste. Elle met uniquement en valeur l’intérêt personnel. L’individu est mis au premier rang. On mise sur la prospérité pour promouvoir le progrès social. On a toute une série d’arguments pour démontrer qu’elle seule peut maintenir les programmes sociaux.
Nous, de la gauche, croyons  en l’intérêt collectif et donc, notre logique est à l’opposé. Nous croyons que ceux qui peuvent travailler peuvent trouver une source de motivation et de satisfaction à le faire en pensant au bien commun plutôt qu’à leur profit personnel. Même si on perd d’une main en travaillant, on croit qu’on gagne d’une autre si la collectivité se prote mieux. L’intérêt collectif est au cœur de nos soucis. On sublime notre besoin d’accroître notre richesse personnelle en étant persuadé que tout le monde se porte mieux quand la richesse est partagée, quitte à ce qu’elle soit produite par quelques-uns et que c’est l’ensemble qui en profite.
Mais pour les de droite, il s’agit là d’une injustice puisqu’ils croient en la justice égalitaire alors que nous croyons en la justice sociale, qui est une autre forme de justice.
Il y a aussi la question de la liberté. Les gens de droite croient qu’ils doivent être tout à fait libres de disposer de leurs biens de la façon dont ils le veulent, que c’est une question de choix personnel. Ils croient au partage, mais au partage volontaire, et non obligatoire. En d’autres mots, ils veulent donner à qui ils veulent et quand ils le veulent. Ils sont carrément opposés à un système où le partage est obligatoire et réglementé par l’État. En fait, ils ne veulent pas l’État dans leurs jambes. Ils le veulent le plus petit possible et le moins interventionniste possible.
Quant à nous, nous croyons le contraire. Nous croyons qu’il ne peut y avoir de justice sociale à moins que l’État ne s’immisce dans les affaires de chacun par le biais de la fiscalité. C’est à l’État à collecter les impôts puis à les redistribuer selon une loi, des critères, des normes et un système d’appel, et ce, par le biais de services dispensés non pas par des bénévoles, mais par des fonctionnaires qui sont imputables. Autrement, ce sont les inégalités sociales qui s’installent.
Nous luttons aussi contre la montée du partenariat fondé sur les intérêts privés, de la générosité béate et du bénévolat qui conduisent immanquablement au désistement de l’État. Les gens sont généralement inconscients du fait qu’on est en train de perdre ce que nos ancêtres ont durement acquis en fait de sécurité sociale.
Les Évangéliques (c’est-à -dire les Fondamentalistes qui constituent la droit religieuse) sont sûrement ceux qui alimentent le plus le mouvement vers la bienfaisance libre et volontaire. Ils croient que chacun peut gagner son Ciel par ses bonnes actions alors nous, nous croyons dans une société laïque où chacun reçoit selon ses besoins par le biais d’un système de protection publique. Parce que le bénévolat est vu comme une façon de rendre service et que rendre service a toujours été une valeur canadienne et chrétienne, cela fait qu’il est difficile de convaincre les gens qu’en certaines circonstances, le bénévolat peut devenir nuisible puisqu’il gruge peu à peu notre programme de sécurité sociale fondé sur la règle de l’équité.
Si seulement nous réussissons à convaincre les gens que la Nouvelle-droite représente une menace, nous aurons accompli quelque chose et nos efforts de sensibilisation n’auront pas été vains.







