Montréal

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Une alternative aux débats des chefs

20-04-2011

Une alternative aux débats  des chefs

par Michel Frankland

 


 

 

J’estime utile le préambule suivant portant sur un débat préalable, celui du coût électoral.  L’argument, connu et répété, se formule comme suit : «Est-ce que ça a du bon sens de dépenser si souvent  300 millions de notre argent alors qu’il s’agit d’élire le parti qui est censé bien le gérer !» Plusieurs en effet s’irritent de cette dépense considérable rendue excessive, à leurs yeux, par la fréquence des élections de gouvernements minoritaires.

Le débat sur le coût électoral porte à faux. Les élections NE NOUS COÛTENT RIEN. Les dépenses électorales ne vont ni au Vermont ni en Afghanistan ; elles vont dans la poche des contribuables. Des milliers de citoyens gagneront environ 150 $ dans un travail saisonnier, celui des diverses fonctions de l’organisation électorale. De petites et moyennes entreprises y trouveront aussi leur compte. Elles fabriqueront des pancartes, créeront des publicités, vendront de l’espace publicitaire, loueront leurs voitures, livreront des repas.  Bref, des fonds publics sont offerts à tous pour un travail à temps partiel pendant quelques semaines.

On nous  a encore servi  la grande foire du débat des chefs.

J’estime que ce débat ne porte pas sur les bons paramètres.  Nous mesurons ici la capacité à offrir un bon spectacle. Comme à la lutte. Les citoyens devraient au contraire être en mesure d’évaluer l’aptitude spécifique en rapport avec  l’objectif des élections : le choix des administrateurs les plus compétents.  Choisir un gouvernement  revient à remettre à celui-ci la gestion des milliards provenant de nos taxes et impôts. Tant des citoyens que des entreprises.

Cette gouvernance s’avère complexe et nuancée. Sans verser dans un déluge de chiffres et autres spécialités comptables, le citoyen devrait pouvoir estimer la maîtrise des grands dossiers de chaque chef de parti.

Un moyen me paraît le plus adéquat pour la réalisation de cet objectif. Il consiste en une entrevue de chaque chef pendant une heure par une équipe de journalistes. Nous  pourrions alors mieux sonder  la véritable maîtrise des dossiers complexes et nuancés.  D’une part, les journalistes auraient intérêt à préparer soigneusement leurs sujets. Ce haut moment pourrait influer sur la valeur de leur carrière. Par exemple, un journaliste qui se ferait mettre en boîte dans cette entrevue alors que les journaux du lendemain montreraient la faiblesse de la préparation de ce représentant de la presse ; d’autre part,  les politiciens seraient forcés de se hausser au niveau où nous les espérons. À la fois par leur conduite dans la vie parlementaire et dans la rencontre elle-même. Ils sauraient l’importance d’une rencontre en solo devant une équipe bien préparée, apte à dévoiler les comportements répréhensibles et autres torsions des lois, autant chez les députés de son parti que de ses  errances comme chef.  En somme,  une manière d’échanger efficacement sur les vraies choses. Un grand jury populaire mené par des représentants aguerris. Le politicien méritera-t-il le ciel du pouvoir ou le purgatoire  d’une de l’insatisfaction populaire ?  Ou alors, l’enfer de la réprobation collective à cause de ses nombreuses exactions ?

Il conviendrait de conserver le débat dans les deux langues.  Bien sûr, pour les raisons pour lesquelles nous le maintenons. Mais aussi pour une appréciation  plus judicieuse du candidat à la gestion de nos affaires.  Car, après l’heure de débat en anglais, les journalistes et les citoyens, à tête reposée, découvriront que des réponses requéraient des éclaircissements additionnels  Sans parler de dossiers qu’on n’a pu suffisamment couvrir. On obtiendrait ainsi  une plus grande précision. On jaugerait mieux la maîtrise des dossiers.

Notons enfin qu’on évaluerait du même coup l’aptitude du chef à bien communiquer. Peut-il rendre accessible à une intelligence moyenne des questions aux ramifications complexes ?

On éviterait ainsi  le cinéma burlesque des débats des chefs. Ces débats constituent une manière de ne pas connaitre la véritable nature des sujets. On se lance à la tête des phrases assassines, concoctées  au préalable avec son équipe de marketing. Chacun a préparé son match à coups de punchs savamment pensés, de demi-vérités avec  enrobement verbal pour en camoufler les lacunes. On sort de cette esbroufe politique en notant le chef sur 10. On compile ses trouvailles efficaces et ses faiblesses. Il demeure que le critère commun sous-jacent à ces évaluations porte sur la performance oratoire ; il ne s’embarrasse pas  de fouiller le problème. On présente un spectacle. L’artiste politique a-t-il bien performé ? Et c’est là-dessus, mes dames et messieurs,  qu’on nous propose de choisir les mandataires des destinées de l’État.

Cela explique une bonne part du cynisme des citoyens devant la chose publique.

 


[1] http://www.vigile.net/Claude-Morin-un-grand-Quebecois

 


[1] http://www.vigile.net/Claude-Morin-un-grand-Quebecois

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