PQ et Bloc, fossoyeurs de l’indépendance – 1
Par Michel Frankland   Â
La question, ici, ne consiste pas à savoir si le lecteur est indépendantiste ou fédéraliste. Ou de prôner une de ces deux idéologies. Mon propos consiste à montrer une double incohérence, celle du Bloc et du PQ.
Le PQ et le Bloc, dont l’objectif premier consiste à réaliser l’indépendance du Québec, m’apparaissent au contraire comme les fossoyeurs de l’indépendance.
Analysons d’abord le Bloc. Nous réserverons le prochain article au PQ.
Duceppe, en 2006, était prêt à créer une coalition avec Dion et Layton en cas d’un gouvernement minoritaire conservateur.  Or, Dion s’était déclaré ennemi juré de l’indépendance. Sa loi sur la clarté référendaire avait horrifié le Bloc et tous les souverainistes. Et Layton est fortement centralisateur. Donc deux antinomies de fond par rapport aux convictions bloquistes.
Duceppe s’est formé à la politique comme militant marxiste. Il en a tiré une rigueur proverbiale dans l’analyse et l’étude des dossiers. En ce sens, il est respecté à Ottawa. La volonté de participer à la coalition de 2006 tenait de la même rigueur : elle repose sur la conception même du Bloc.
En effet, le Bloc s’est créé une niche politique simple et réjouissante. Elle repose sur une mécanique aussi morbide qu’efficace. Il obtient le vote francophone du Québec en se présentant comme le Robin des Bois, champion et défenseur du peuple dans cette cour étrangère. Et le peuple désire l’indépendance mais ne veut pas, par découragement, investir les efforts pour la réaliser. Les Québécois ont trouvé tout naturellement en Duceppe un chantre de ce désir. Ce troubadour (un article d’un quotidien parle de majorette) canalise la frustration des indépendantistes, avec en prime un luxe additionnel : l’élection du Bloc nous dispense de faire l’indépendance. Si bien que nous détectons ici deux attitudes pantouflardes et irresponsables. D’une part, la fabulation indépendantiste trouve son déversoir émotif sans effort ; d’autre part, Duceppe et les bloquistes ont découvert un filon politique confortable : la représentation sans conséquence. Duceppe peut déchirer sa chemise sur n’importe quel sujet. Il n’aura jamais à assumer le gouvernement du Canada. La représentation sans la taxation ! Ou, selon l’image de Lysiane Gagnon, comme un ado boudeur qui ne sort de sa chambre que pour demander ce qu’on mange pour souper.
Mais les méfaits de cette combine recèlent un autre poison. Un des buts du bloc devait être de créer des contacts humains positifs qui permettraient une séparation pacifique. Comme entre la Norvège et la Suède. Ou, plus près de nous, entre la République tchèque et la Slovaquie. La voie qu’a adoptée le Bloc produit fortement l’effet contraire. Le ROC tient à ce que son pays fonctionne. Mais les nombreux sièges du Bloc amènent plus facilement qu’autrement un gouvernement minoritaire. Je ne crois pas une seconde à la prétendue prédilection canadienne du gouvernement minoritaire. Sinon sporadiquement. Le but alors consiste à  vérifier les avancées d’un gouvernement qu’on respecte tout en le craignent quelque peu. Une sorte de test, quoi. La période minoritaire passée, l’électeur s’est forgé une opinion sur ce parti intéressant mais hasardeux. Si bien que le mode de gouvernement qu’on privilégie redevient le gouvernement majoritaire.
Au total, le couple Bloc-électeurs francophones s’est fabriqué une combine politique qui trahit un des objectifs fondamentaux du Bloc énoncé clairement lors de sa fondation. L’aplanissement des tensions avec le ROC lors d’une éventuelle indépendance. Ce tensions ont
empiré au lieu de s’aplanir. La frustration du ROC s’avère à ce point intense qu’un article du sérieux Toronto Sun en fin mars 2011 se plaignait de ce que les Québécois n’eussent pas été assimilés dès le début du Régime anglais. Le Bloc constitue pour eux «a pain in the neck». Agacement mêlé d’indifférence.  Denise Bombardier synthétise : les deux solitudes sont devenues deux indifférences.
Enfin, ce confort politique, du milieu de sa bulle, produit à l’occasion des expressions délirantes que le risque réel de l’accession à la gouvernance aurait supprimées. Ainsi, Duceppe s’est récemment pâmé d’horreur devant la perspective d’un gouvernement conservateur majoritaire. Bref, l’oasis politique déniché amène quelquefois au niveau de la forme des élans d’un goût aussi douteux que l’opportunisme de la situation politique du Bloc.
Le prochain article de ce doublet portera sur l’errance du PQ.
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