Montréal

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Septième proposition optimale

12-08-2010

Septième proposition optimale

Augmentation de la TVQ à 10 %

Par Michel Frankland

Je vous livre d’abord une expérience tentée en France par un professeur. Elle montre d’une manière éclatante les limites du socialisme. Mais lisez d’abord le témoignage du prof.

Un professeur d’économie dans un lycée annonce fièrement qu’il n’a jamais vu un seul de ses élèves échouer, à l’exception d’une année, lors de laquelle la classe entière a connu l’échec.


Cette classe était entièrement convaincue que le socialisme est une idéologie qui fonctionne et que personne n’y est ni pauvre ni riche, un système égalitaire parfait. Le professeur a alors dit : « OK, donc, nous allons mener une expérience du socialisme dans cette classe. À chaque contrôle, on fera la moyenne de toutes les notes et chacun recevra cette note. Ainsi personne ne ratera son contrôle et personne ne caracolera avec de très bonnes notes ».


Après le 1er contrôle, on fit la moyenne de la classe et tout le monde obtint un 13/20. Les élèves qui avaient travaillé dur n’étaient pas très heureux, au contraire de ceux qui n’avaient rien fait et qui eux étaient ravis.

À l’approche du 2ème contrôle, les élèves qui avaient peu travaillé en firent encore moins tandis que ceux qui s’étaient donné de la peine pour le 1er test décidèrent de lever le pied et de moins réviser. La moyenne de ce contrôle fut de 9/20! Personne n’était satisfait.

Quand arriva le 3ème contrôle, la moyenne tomba à 5/20.
Les notes ne remontèrent jamais alors que fusaient remarques acerbes, accusations et noms d’oiseaux dans une atmosphère épouvantable, où plus personne ne voulait faire quoi que ce soit si cela devait être au bénéfice de quelqu’un d’autre.


À leur grande surprise, tous ratèrent leur examen final. Le professeur leur expliqua alors que le socialisme finit toujours mal car quand la récompense est importante, l’effort pour l’obtenir est tout aussi important tandis que si on confisque les récompenses, plus personne ne cherche ni n’essaie de réussir.

Écoutons la formulation du principe qui explique ce cas vécu.


« Vous ne pouvez pas apporter la prospérité au pauvre en la retirant au riche. Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit. Tout pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres[1]

En somme, la solidarité sans la lucidité ressemble à un navire qui brûle le bateau pour réchauffer les matelots.

C’est en ce sens qu’Alain Dubuc a écrit son livre Éloge de la richesse . Il souligne ce que plusieurs pays industriels, surtout les pays nordiques, ont compris : il ne s’agit pas de généraliser la médiocrité et l’irresponsabilité en demandant à une moitié de la population de se crever pour l’autre moitié. Il s’agit de créer de la richesse. Ainsi, le niveau de l’ensemble de la population augmentera, entre autres raisons parce que les coffres de l’État seront mieux remplis par le surcroît d’impôt provenant du surcroît de richesse.

Il est attristant  que Québec Solidaire, tout fier, et avec raison, de son idée de vie citoyenne, massacre en même temps  ce concept valable en demandant aux riches de payer pour les pauvres. Dubuc, dans son livre, montre justement que cette solution ne résout qu’1 % du problème. Mais au fond, je doute même de ce 1 %. En effet, on peut prévoir un exode d’une partie des gens ainsi surexploités vers des provinces ou pays davantage fondés sur le bon sens.

De même, cet autre passage venu avec le document sur l’expérience scolaire du socialisme :

«Pour se faire élire, nos politiciens des 4 ou 5 dernières décennies y sont allés de concours de largesses.  Tout est plus gratuit si on reste tranquille chez  soi en buvant une bonne bière et qu’on a toujours droit de vote.  Et si tu travailles comme un forcené, on t’enlève la moitié de tes revenus en impôts directs et davantage en moindres gratuités.»

Augmenter la richesse, oui, bien sûr. Mais en attendant, commençons par procéder à une double opération : la décroissance de la dette québécoise et la participation citoyenne à l’effort collectif. Il est en effet malsain et injuste, comme le montre le paragraphe précédent,  que 40 % des Québécois ne paient pas d’impôt. Alors, avec l’avantage d’une simplification administrative du problème, augmentons la TVQ à 10 %. Le projet n’a rien de révolutionnaire. L’équivalent de la TVQ dépasse même ce pourcentage dans plusieurs pays nordiques.

La fonction du socialisme est vitale et noble. Percevant le citoyens comme une collectivité respectable, le socialisme vise à protéger les plus démunis et, plus généralement, à assurer une équité pour chacun des membres ou groupes de ce corps social que nous formons tous. C’est une fonction maternelle, aussi essentielle qu’une mère dans un foyer.

Mais le capitalisme, qui, sans le socialisme, verse dans la sauvagerie économique, s’avère nécessaire comme moteur d’invention, et plus généralement, comme source d’énergie apte à insuffler le dynamisme qui mène à l’efficacité. C’est une fonction paternelle.

Ce que le professeur de lycée nous a montré témoigne du danger du socialisme sans le capitalisme.

Bref, «Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation. On n’accroît pas les biens en les divisant[2]


[1] Adrian Rogers. Voir http://myfamilysmoney.com/quotes/215/adrian-rogers-quote-you-cannot-legislate-the-poor/

[2] Sauf erreur, d’Adrian Rogers également.