Montréal

Nouvelles

La destruction américaine dans plusieurs pays d’Asie

31-08-2021

La destruction américaine dans plusieurs pays d’Asie

par Michel Frankland

Ma sœur travaillait alors comme infirmière à l’hôpital St-Mary’s. Naturellement généreuse, elle songe sérieusement à se rendre en Afrique pour aider les communautés affectées par diverses maladies. Elle assiste donc à une conférence sur le sujet par une infirmière américaine qui a œuvré en Afrique. Mais les dernières phrases de la conférencière lui ont fait changer d’idée. « Vous êtes bienvenues dans nos centres africains. Car nous sommes, là comme ailleurs, les meilleurs au monde. » Quelle arrogance ! Non merci,
bye !

 

Dans un article récent, j’ai rappelé les hécatombes infligées par les armées américaines au Vietnam et en Afghanistan, tant en soldats nationaux qu’en population civiles. Je concluais que ces deux peuples, par leurs expériences des guerres au fil des siècles, et surtout par leur conviction inébranlable – communisme national ou Islam – sont invincibles.

 

J’ai écrit un article il y a quelques années sur l’Iraq. Ce pays a été traité avec une violence inouïe par Bush père. Il a, pendant trois ans, de concert avec ses généraux, minutieusement préparé la destruction de l’Iraq. La rendre « stone dead », avait-il assuré. Dans THE FIRE THIS TIME (sous-titre U.S. war crimes in the golf), Ramsey Clark détaille les horreurs de cette guerre monstrueuse. Ainsi est né Isis, soldats fidèles à Saddam et de son ethnie dominante, furieux jusqu’à la moelle contre l’armée US d’avoir tué leur chef et président du pays.

 

Je reviens sur les péripéties afghanes depuis le début. D’abord, le bilan de 20 ans d’occupation. L’armée la plus puissante au monde après 20 ans d’occupation, plus de 2000 soldats américains tués, sans compter les blessés et des milliards de dépense, comprend qu’il est préférable de se retirer. Ils ont perdu au Vietnam et en Afghanistan.



Mais l’aide américaine ? Combien d’écoles construites Combien d’hôpitaux, de dispensaires ? Rien. Rien que des balles, des roquettes, des canons. Bien sûr, des classes avaient lieu dans des locaux afghans. Mais les US, c’était rien d’autre chose qu’une armée.

 


Le retrait s’est effectué de façon catastrophique. Biden, homme évidemment bon et honnête, ne brille pas spécialement par son intellect. Il retire ses troupes, rassuré parle fourbe au pouvoir qu’il peut prendre son temps pour le rapatriement des civils américains et des collaborateurs afghans – alors que l’ambassadeur Us lui affirmait, connaissance intime du terrain politique à l’appui, que l’armée des patriotes afghans occuperait Kaboul10 jours avant la date prévue par le pantin régnant. Celui-ci s’en fichait. Une corruption de plus ou de moins, que des compatriotes avec des sauve-conduits américains aient pu raté leur libération importait peu. Pourvu que lui puisse filer dans un avion personnellement noli-

sé…

 

Je suis atterré par l’incapacité de Biden à saisir l’essence de la situation afghane.
Il était évident que les forces afghanes officielles ne faisaient pas le poids. À la fois par patriotisme afghan (pourquoi se battre avec une armée qui ne fait rien de positif pour nous !) et qui est associé à ce tyrannique drôle qui ne tient au pouvoir que par cette armée étrangère ?

Tout était limpide. Les forces patriotiques contrôlaient Kaboul même. Ainsi, des prisonniers politiques s’évadèrent comme par enchantement à quelques reprises des prisons bien gardées de la capitale.

La situation aurait dû imposer un retrait mieux planifié. Distance par distance – disons 5 ou 10 kilomètres par jour –– amenant avec eux les afghans alliés, ceux et celles, plus doué(e)s qui d’instinct se savent plus à l’aise dans un pays démocratique. Emportant aussi les armes sophistiquées au lieu de les laisser aux patriotes musulmans, lesquels rejettent doublement la destructrice Amérique avec ses femmes à la tête non couverte comme autant de prostituées !

Au fond, le peuple américain considère les autres peuples comme inférieurs. Un fort courant est affolé du changement de visage – et de visages– de leur pays. C’est ce qui a fait la force de l’horrible Trump. Ignorance, mépris et arrogance, mélange périlleux pour un géant aux pieds d’argile.