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JUSTIFICATION DE LA LAïCITÉ

16-06-2019

JUSTIFICATION DE LA LAïCITÉ

par Michel Frankland

Nous venons de rappeler comment l’instinct populaire québécois a fiché les libéraux à la porte.

Nous annoncions une suite sur la laïcité.

Le message du peuple tient dans le désir collectif de vivre les valeurs de la nation québécoise au lieu de suivre les chemins tortueux par lesquels les partis fédéralistes entendent le mener progressivement vers sa disparition.

Le point de vue fédéraliste est simple : la liberté individuelle est un principe sacré en démocratie. Comment peut-on interdire des vêtements propres chez une enseignante !

Ce jugement est arrogant, ignorant, insultant et faussé. Il postule qu’il n’y a qu’une façon de concevoir la démocratie, soit la manière du ROC. Soit ONE CITIZEN + ONE CITIZEN…. Avec un vague chapeautage, le multiculturalisme.

 

La nation québécoise a mis le fédéralisme régnant à la porte (La CAQ est un parti nationaliste) parce que sa conception des valeurs – société, liberté, démocratie – s’avère différente. Pour nous, la démocratie se structure sur une triple dimension. PEUPLE, SOCIÉTÉ, HISTOIRE. Cette conception de la démocratie est la même pour la France.

 

Le peuple se situe à la base de cet ensemble vital. La société constitue une réalité fructueuse qui interagie avec le peuple, collectivement et individuellement. Chaque membre de la nation québécoise (cela inclut les nombreuses personnes venues d’ailleurs et qui se sont bien intégrées) se situe dans une même réalité organique, stimulante, source d’énergie et de communication enrichissante comme individu-citoyen. Si on voulait mettre cette réalité complexe en schéma, ce serait ceci. En haut, la société interagit vitalement avec le peuple, situé dans la réalité visible.

L’histoire traverse horizontalement cette union. Elle intègre à sa signification une dimension qui l’incarne dans la durée. Elle lui procure des exemples de courage, de ténacité. Elle la situe dans le présent, lui donnant une réalité politique et une puissance participative, propre également à incarner la fructueuse relation entre nation, histoire et société.

 

Le rapatriement de 1982 est une fourberie constitutionnelle à laquelle se trouve confronté le peuple du Québec. En effet, la base de la démocratie repose sur la distinction entre législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Or, le rapatriement de 1982 exagère la fonction judiciaire. En Angleterre, on ne peut concevoir que le judiciaire ait priorité sur le législatif – et plus généralement, qu’une de ces trois instances fondamentales de la démocratie domine une des deux autres ; il en va différemment avec la Charte de 1982. Ici, le judiciaire a été établi prioritaire sur les deux autres. Ainsi, dans le cas d’un référendum gagnant pour l’indépendance, le judiciaire force à une négociation avec le ROC – à un contre 10, la belle affaire !

L’interprétation majoritaire des historiens d’ici considère le caractère sournois de ce rapatriement. Son but principal consiste à rendre pratiquement illégal un vote prépondérant pour l’indépendance.


Le troisième article montrera l’extension de cette lutte raciste et secrètement orchestrée contre la nation québécoise.