Montréal

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22-01-2019

La production du Cannabis : défaillante et non contrôlée

Par Christian Martin

Le 22 01 2019 :1 An et deux jours après mon premier article sur le Cannabis. Je fais plus que jamais les mêmes constats :

Pour faire suite à mes articles sur la légalisation du Cannabis au Canada, voici un article de Boulevard Voltaire qui nous invite à «l’ imprimer ou à l’envoyer par courriel » : http://www.bvoltaire.fr/bien-sur-que-le-cannabis-tue/

D’ores et déjà, je voudrais féliciter notre Premier Ministre Legault qui porte l’âge légal de consommation du cannabis à 21 ans, ce qui démontre son sens des responsabilités.

En lisant cet article, je n’en croyais pas mes yeux, et ma première idée était de me questionner une fois de plus sur l’urgence manifestée par le gouvernement fédéral à légaliser le cannabis sans études scientifiques approfondies sur les effets secondaires du cannabis.

Comme vous le savez, la plupart des médicaments nécessitent exigent différents tests sur une durée pouvant aller jusqu’à 10 ou 15 ans avant leur commercialisation. Or, selon les dires de certains, les médecins ont encore de la difficulté à quantifier les doses de cannabis à prescrire, compte-tenu du faible suivi des effets secondaires.

Rappelons-nous, à cet effet que l’utilisation du cannabis aux fins médicales a été permise pour la première fois en 2001. Il s’en est suivi sous Jean Chrétien en 2003 le projet de loi C38 visant sa décriminalisation» https://fr.wikipedia.org/wiki/Cannabis_au_Canada

Ainsi, dans mon article du 20 01 2018, Etatiser la production du cannabis : Un enjeu Politico-social ? Je soulignais la : «faille considérable dans le projet cannabis, la privatisation intégrale de la production, un danger majeur à l’échelon national».

J’y indiquais également partager l’opinion de l’Honorable Ralph Goodale pour qui cette loi était un échec.

Avant de cueillir un fruit, il doit passer par un stade de maturité, être trié, évalué pour sa qualité. Il sera ensuite mis sur le marché ou rejeté s’il ne répond pas aux normes.

Dans le cas présent, le leitmotiv principal est toujours l’argent. La santé du citoyen ne semble pas être prise en compte. Même sur le plan thérapeutique il y a discorde : « L’utilisation de cannabis thérapeutique est peu connue, donc les professionnels de la santé ne connaissent pas réellement les doses à prescrire. C’est la raison pour laquelle l’AMC (association médicale Canada) somme d’établir des programmes obligatoires de formation et d’autorisation à l’intention des médecins qui autorisent leurs patients à utiliser la Marijuana . Depuis 2016, le cannabis à usage thérapeutique est remboursé par l’ARC (agence du revenu du Canada) Il y a donc un désaccord entre Santé Canada qui prône la prescription du cannabis et le collège des médecins du Québec » https://fr.wikipedia.org/wiki/Cannabis_au_Canada

Parallèlement, à la question de la Santé des Canadiens je voudrais rappeler mon article du 02 03 2018 dans lequel, je soulevais déjà les questions de la production et, des possibilités de prises de participations par des « quidam » incontrôlables déjà signalés plus haut soit ;

Aujourd’hui après discussion avec un ami, nous pensons qu’il serait nécessaire de clarifier la question primordiale « Étatiser la production ».

Mon article du 02 03 2018 intitulé « Ne répétons pas les erreurs du passé! ». Je me demandais si l’étatisation de la production du cannabis représentait un enjeu politico-social, concluant qu’en fait, elle représentait « une faille considérable dans le projet cannabis, la privatisation intégrale de la production, un danger majeur à l’échelon national »

J’y évoquais la possibilité que l’État crée des entités qu’il gérerait comme une piste à envisager.

Le gouvernement a persisté à privatiser la production, ce que je considère comme une aberration compte tenu des points suivants:

  1. La période chaotique actuelle, qui risque de s’aggraver après la mise en place de la légalisation, puisque nous nous préparons à répéter les mêmes erreurs du passé comme pour la gestion du tabac et de l’alcool;
  2. Les incertitudes concernant la prévention et la sécurisation de la production afin que cette dernière ne devienne pas un nouveau Cartel de la drogue au Canada/Québec ;
  3. La déstabilisation prévisible de la justice par des lois votées dans la précipitation sans étude approfondie préalable et,
  4. L’impact indéniable de cette drogue sur la santé et l’éducation de nos enfants, étant donné que la légalisation aboutira obligatoirement à un accroissement de la consommation.
  5. Quoique « étatiser » signifie également  »nationaliser », toutefois, l’étatisation pourrait être partielle, c’est-à-dire que les gouvernements (fédéral et provincial) auraient la majorité des parts de l’entreprise.

Ceci permettrait aux gouvernements d’assurer le contrôle effectif de la production ainsi que de toute l’activité de ce nouveau secteur d’économie.

Cette étatisation partielle permettrait également d’empêcher des tiers de prendre le contrôle des compagnies.

Le but est d’instaurer un dirigisme économique de qualité et une fixation des prix du marché tout en interdisant la contrebande.

  1. La distinction entre cannabis médical et cannabis récréatif devrait maintenant disparaitre avec la légalisation. La production devrait être globale et contrôlée.

Les consommateurs de cannabis à usage médical devront toutefois posséder une prescription médicale, s’ils veulent se faire rembourser comme il est d’usage en ce moment.

Par conséquent, les 88 productions privées actuelles devraient être aussi étatisées par une prise de participation des gouvernements provinciaux respectifs (selon leur localisation bien entendu) afin d’en assurer le contrôle

En conclusion

N’est-il pas encore temps en cette période électorale pour tous les Canadiens et Québécois d’émettre de sérieuses réserves et de rejeter la privatisation de la production actuelle afin d’éviter qu’elle ne débouche inévitablement sur la création d’un Cartel qui pourrait contrôler la production canadienne puis importer et exporter à son gré cette drogue. La question pourrait déjà se poser aujourd’hui à savoir : Qui détient la production du Cannabis.