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TRUMP, KIDNAPPEUR IMPUNI

02-01-2019

TRUMP, KIDNAPPEUR IMPUNI


par Michel Frankland

Les pays civilisés considèrent le kidnapping comme un crime odieux. La prise d’otage, si l’on accepte ce terme au sens où le criminel fait cela à ciel ouvert, défiant les autorités devant le public, m’apparait bien pire encore. Dans ce dernier cas,  il s’agit d’un affront public aux forces de l’ordre et au système judiciaire.

 

Or, en fermant le Gouvernement américain, le Fake President procède très exactement à une prise d’otage.

 

D’abord, à un premier niveau, on constate un cas de lèse-majesté. En ce sens que le peuple américain se réveille privé de l’institution primordiale, fondamentale à sa vie démocratique. L’organisme  qui garantit ses droits et libertés.

 

Deuxième crime. Des milliers de fonctionnaires se retrouvent indéfiniment sans emploi – à tout le moins sans salaire. Car ils sont demeurés en fonction. À la fois pour conserver leur emploi, mais sûrement aussi pour continuer à faire un boulot qui sera ultimement utile au peuple américain. Évidemment, le  président milliardaire s’en fiche D’’ailleurs, la morale en prend un coup avec lui. Il y a quelques mois,  interviewé par Leslie Stahl à 60 MINUTES, elle lui fait remarquer la déficience morale d’une de ses décisions. Il répond spontanément qu’il s’en fiche.

 

Comprenons bien la nature crapuleuse de cette fermeture. Trump veut qu’on lui accorde 5 milliards pour bâtir son mur à la frontière mexicaine. En d’autres mots, le Fake President, au lieu de suivre les voies légales – cela consisterait à négocier avec le Congrès –, emploie très exactement une tactique criminelle.

 

Un comité bipartite lui avait proposé une alternative raisonnable. Soit nettement moins. Ce comité démocrate-républicain lui signalait deux données de fond. D’abord, la dette exorbitante du Gouvernement américain. Et, point également pertinent, le cri d’alarme du président insistant pour arrêter le trafic des drogues dures n’a rien à voir avec le mur. Puisque les drogues sont acheminées par les routes ou par avion.

 

Mais le président, conformément à son postulat viscéral qu’il EST personnellement le gouvernement, tient son bout. Et que les milliers de fonctionnaires s’arrangent avec les défauts de paiement qui s’accumulent. Il n’en a rien à cirer.

 

Par bonheur, à partir du 3 janvier, la majorité démocrate, telle que les élections l’ont déterminé il y a quelques mois, entre en fonction. Ils auront alors la force légale pour renverser la décision gouvernementale ; les Républicains au pouvoir majoritaire avant le 3 janvier n’avaient pas le courage de tenir tête au monstre.

 

Je pressens aussi que Muller attend cette majorité pour dévoiler tout ce qu’il a accumulé contre les nombreuses  exactions légales du mafieux de la Maison Blanche. D’ailleurs, le Fake President est également poursuivi pour divers crimes économiques par des cours américaines.

 

Courage ! la cavalerie démocrate arrive dans quelques jours et traitera le preneur d’otages comme il le mérite !