Montréal

Nouvelles

« La Traite Négrière »

23-08-2018


« La Traite Négrière »

par Serge H. Moise

L’esclavage deux cents ans après

Cela semble si lointain et si près

Les séquelles de ce génocide

Expression plutôt morbide

De cette cruauté inhumaine

Incrustées de manière certaine

Dans la mémoire collective

Préviendront-elles toute récidive?

II

Le fauve dans la jungle sauvage

N’a jamais eu avec tant de rage

Á commettre ces odieux crimes

Contre d’innocentes victimes

III

Et alors ces millions d’âmes

Maltraitées de manière infâme

Nées simplement pour la servitude

Car le cardinal l’a dit avec certitude

IV

Notre Dieu est vraiment trop bon

Dans un corps noir tel du charbon

Il ne saurait y mettre une belle âme

C’eût été un véritable drame

V

Ce mot une fois lâché

Avec tant de solennité

Le destin du Nègre enchaîné

Était d’ores et déjà phagocyté

VI

Il sera donc pourchassé

Traqué et vraiment maltraité

Et puis vendu tel du gibier

Dans différents marchés

VII

Les femmes constamment violées

À cause de leur grande beauté

Et aussi leur étonnante sensualité

Faisait le bonheur de ces colons

Qui se révélaient de vrais cochons

VIII

Privés de leur statut d’homme

Assimilés à des bêtes de somme

Les esclaves ont sué sang et eau

Y laissant au besoin leur peau

IX

Les temps ont changé aujourd’hui

Nous dira-t-on avec pudibonderie

Grâce aux petits-nègres de service

Il y a maintenant moins de sévices

X

Elle est finie l’ère des ténèbres

Les humanoïdes sans vertèbre

Semblent avoir enfin disparu

Et ne reviendront jamais plus

XI

Serait-ce pour les agneaux

Enfin libérés de leurs poteaux

Et dépouillés de leurs oripeaux

Le début des temps nouveaux

XII

L’humanité se relèvera lentement

Pour contempler le firmament

Sans Caïn et Abel pure invention

Afin d’entretenir notre aliénation

XIII

Il y a encore beaucoup à faire

Des réparations forfaitaires

Et sur une base volontaire

Pour cette fraternité à refaire

XIV

Combattons notre indifférence

La source de notre déchéance

Cultivons l’amour du prochain

Pour un meilleur lendemain

XV

Que les frères-ennemis d’hier

Qui sont encor tous des frères

Se recueillent en toute humilité

Pour cultiver une vraie solidarité

                                      SHM av.