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Telle est notre Conviction, A vous seuls d’en Juger.

09-05-2018

 

Telle est notre Conviction,

A vous seuls d’en Juger.

 

Éric EG Nogard

Chroniqueur.

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Telle est notre Conviction,

A vous seuls d’en Juger.

 

 

F1 : Par ce Traité qui mettait fin à la Guerre de la Succession d’Espagne, la France garda son intégrité Continentale, mais elle fut amputée de la Nouvelle-France.

Comme au « Cri d’Alarme » nous vous prenons, tant Acadie, Acadiens, Canadiens, Canada que Cajuns des Bayous de Louisiane ou d’ailleurs, tous Victimes du Grand Dérangement mis en branle des 1720, suite au Traité d’Ultrech (1713) faisant de l’Acadie une Possession Anglaise.

F2 : Cajuns et Bayous de Louisiane.

Comme à nos yeux vous êtes seuls Juges, dans le cadre de la CONSTITUTION entreprise du Patrimoine Littéraire en Acadie, tout autre que Vous ne pouvant être que Partie pour ou contre et Témoin à charge ou pas, ce qui ne prive à personne le droit de se faire une Opinion en toute Bonne Foi.

Comme Vous êtes seuls Juges de l’Appartenance Patrimoniale de la poignante Épopée :

Evangeline – A Tale of Acadie, par Henry W. LONGFELLOW,

C’est à Vous seuls qu’il appartient de prendre pour Wright or Wrong sur le Fondement de l’argument selon lequel ce brillant Écrivain étant Américain pour être né à Portland dans le Maine en 1807, Evangeline, cette œuvre tellement émouvante serait Américaine, ipso facto.

Et c’est à Vous seuls, que nous reconnaissons la Légitimité d’infirmer notre opinion selon laquelle « Evangeline » ne peut être autrement qu’Acadienne, que Canadienne, que d’Acadie, du Canada et des Cajuns réfugiés dans les Bayous de Louisiane ou jetés sans merci dans le Dénuement, dans la Désolation et l’errance auxquels ils furent soumis par le Grand Dérangement dont ils furent l’objet.

Qu’est-ce alors que l’Acadie, les Acadiens et le Grand Dérangement.

En quoi Evangeline ne peut-elle être qu’Acadienne, bien que sortie de la plume d’un Américain d’une telle renommée et tellement applaudi au « Cri d’Alarme »… C’est à cela que nous nous proposons de répondre.

Donc, l’Acadie, le Grand Dérangement, Evangeline, nos considérations et notre opinion.

D’abord l’Acadie.

« Le Soleil luit pour moi comme pour les autres, et je voudrais bien voir l’Article du Testament d’Adam qui m’exclut du partage !.. », soutint François 1er, Roi de France, en réplique à la Bulle Pontificale de 1493 qui dévolua le Monde en Partage à l’Espagne et au Portugal.

F3 : Bulle du Pape Alexandre VI en 1493, Ligne de Partage selon la Bulle.

Et c’est ainsi que des Français, conduits par Jacques CARTIER, en quête d’une nouvelle route des Indes, et de nouvelles Terres à prendre (pourquoi pas !) mirent pied à terre au Canada en 1534.

F4 : Arrivée de Jacques CARTIER au Québec en 1534.

Et c’est ainsi que le 24 Juillet de cette année, ils plantèrent la Bannière aux Trois Fleurs de Lys en Gaspésie, à l’embouchure du Saint-Laurent, au Pays des Hurons, que fréquentaient déjà baleiniers et morutiers Normands, Bretons… Basques.

Puis vint le Bon Roi Henri IV, le Vert Galant, et l’heure de Champlain.

F5 : Samuel CHAMPLAIN.

Samuel CHAMPLAIN fonda le Québec qui prit le Nom de Canada (1608), le nom de l’un des Trois Royaumes Hurons, Saguenay, Canada et Hochelaga.

Saguenay était déjà pris par Pierre De CHAUVIN, à Tadoussac (1600).

Et les Sieurs de MONTS et de POUTRINCOURT avaient investi Hochelaga avec Port Royal comme Capitale (1604).

Ils y jetèrent les bases du Pays d’Acadie.

Ainsi naquit la Nouvelle France devenue le Québec en Canada.

Quant à His Gracious Majesty the King James 1er of England.

 

F6 :King James 1er of England.

Il considéra lui aussi que le testament d’Adam ne l’excluait pas du Partage, surtout à l’idée des visées Françaises sur « ses chasses gardées », Saint-John de Terre-Neuve étant déjà acquis au nom d’Elizabeth 1ère (1583).

Et d’Avatars en Turpitudes, dès 1613 commencèrent les déboires pour les Acadiens trop peu nombreux pour résister aux « Écrevisses », ces Anglais vêtus de Rouge.

F7 : Trop peu nombreux, comment résister aux « Écrevisses », ces Anglais vêtus de Rouge.

CHAMPLAIN ploya les genoux sous un rapport de Forces de 20 Contre 1.

Et ce fut le « Grand Dérangement ».

Le « Grand Dérangement », la Déportation monstre et sans pitié des Acadiens dépouillés de leurs biens et chassés de leur Acadie par la Volonté de George III d’Angleterre qui, après le Traité d’Utreich (1713) leur imposa ce Serment digne de Lucifer, et dont voici le Texte :

F8 : Ce Serment digne de Lucifer, arraché à tout Acadien.

Ce Serment dont le texte original est reproduit ne varieturci-dessous.

« Moy je promes sincerrement Et jure que je veut Estre fidelle Et tenir vune veritable alegence a sa majeste le ry george tan que je sere àa Lacadie et nouuel Ecosse Et qu’il me sera permy de me retiré La ou je jugeré a propos auec tous mais Bien meuble Et Effet quand Le jugeré a propos san que nulle persone puise man Enpesché. Annapolis royal ce 22e januïer 1715 »

Dès-lors pouvons-nous dire, tout était consommé, ce fut l’exode, la déroute, le sauve qui peut, tous azimuts dans la plus grande misère et le plus grand désarroi.

F9 : En l’Île de la Martinique, il en arriva au Morne-Rouge…

F10 : à la Trinité…

Il en arriva même en l’Île de la Martinique, au Morne-Rouge, à la Trinité, à Sainte-Marie.

 

F11 : à Sainte-Marie… 

Il en arriva même, par la route du Brésil comme semble en témoigner le nom de « Petit Brésil » – P’tit Brizii en Créole – le quartier Sud du bourg de la Trinité où ils se sont implantés comme Modestes pêcheurs.

F12 : Au P’tit Briziile quartier Sud du bourg de la Trinité où ils se sont implantés comme Modestes Pêcheurs.

 

Et voilà Evangeline.

F13 : Evangeline :

-         Saint Martinville, Louisiana ;

-         Par le peintre Thomas Faed ;

-         Grand-Pré, Nova Scotia, Canada.

 

C’est l’émouvante histoire de deux amants Acadiens,

-         Evangeline BELLEFONTAINE :

Ne serait-elle pas à l’origine du Nom d’un village côtier de la Martinique.

 

F14 : Vue de Bellefontaine de la Martinique.

 

 

-         Et Gabriel LAJEUNESSE :

Ce Nom fait Haïtien, mais de qui Haïti le tiendrait-il.

F15 : Dans leur Exodus, ils mirent bien pied en Terre de la Martinique.

Ces Deux Amants sont forcés de se séparer peu après leurs Fiançailles pendant le Grand Dérangement, et du fait de cette Tragédie.

Evangeline parcourt l’Amérique à la recherche de son Amant Gabriel.

Au terme d’une longue et douloureuse errance, elle s’établit à Philadelphie, elle se consacre aux Pauvres, en qualité d’infirmière.

Et voilà que parmi ses malades Evangeline trouve Gabriel…

Et il meurt dans ses bras.

Discussion.

Evangeline, this tale of Acadie serait-elle une Fiction sortie de la prodigieuse imagination de LONGFELLOW, il faut croire que NON.

F16 : Sur le chemin des Acadiens à la Martinique.

F17 : Qu’ils soient les Bienvenus, ils sont ici chez-eux.

F18 : Carte du Chemin des Acadiens à Chanflor,

Morne-Rouge, Martinique.

Cependant que les Acadiens chassés de chez-eux on cherché refuge dans toute l’Amérique Continentale ou Insulaire et notamment à travers les Colonies Anglaises, le Massachusetts, le Maryland, la Virginie, la Géorgie… Jusqu’à Belle-Ile, en France.

F19 : Les Acadiens chassés de chez-eux on cherché refuge… Jusqu’à Belle-Ile, en France.

 

LONGFELLOW n’a jamais mis pied à terre en Acadie, au Canada.

Il aura entendu le Récit de leur Drame par les Acadiens eux-mêmes et il en fut conquis, changé, devenu Acadien.

F20 : Un grand Écrivain Américain…

Une Cause éminemment Acadienne.

Dès-lors, et sans la moindre intention de lui faire offense, il aura été en y mettant son grand talent, un Appareil Enregistreur-Emetteur à Chair Humaine sans qu’on puisse dire qui dans le Récit, aura été le plus sensible, de l’appareil ou du – certainement des – Conteur des Malheurs Acadiens, du sort qui leur fut fait.

En l’occurrence, à qui de celui qui a vécu le dramatique exode et qui en aura fait le récit, ou de l’appareil qui l’aura enregistré et puis retransmis, attribuer la Maternité de cette merveilleuse Chanson de Geste.

Pour nous au « Cri d’Alarme », aucun doute n’est possible.

« Evangeline, A Tale of Acadie », ce poème épique qui relate la Déportation des Acadiens est Propriété Acadienne, l’Acadie en a la Maternité, LONGFELLOW l’a mis au Monde, tel le Gynécologue délivrant la Parturiente de son Bébé.

F21 : Le Grand Dérangement Prélude à la Guerre Totale.

Notre Vœu, au « Cri d’Alarme », étant qu’Evangeline ne sorte pas de la Mémoire Universelle et que par Jugement de Salomon, sa Mère lui soit rendue.

Subsidiairement.

S’agissant des considérations de style, d’inspiration, de genre littéraire, doivent-elles entrer en ligne de compte dans l’épanchement du Cœur Brisé qui ne peut être que le Cœur Acadien.

Jugez-en à travers cet extrait.

Evangeline.

C’est l’antique forêt!… Noyés dans la pénombre,
Vieux et moussus, drapés dans leur feuillage sombre,
Les pins au long murmure et les cyprès altiers,
Qui bercent aujourd’hui, sur des fauves sentiers,
Les nids harmonieux, sont semblables aux bardes
Qui venaient, chevelus, chanter dans les mansardes,
Aux druides sacrés dont la lugubre voix
S’élevait, prophétique, au fond des vastes bois.
Sauvage et tourmenté, l’océan vert, tout proche,
Se lamente sans cesse en ses antres de roche,
Et la forêt répond, par de profonds sanglots,
Au long gémissement qui monte de ses flots.

C’est l’antique forêt, et c’est l’efflorescence!…
Mais tous ces coeurs naïfs, et charmants d’innocence,
Que l’on voyait bondir comme bondit le daim,
Quand le cri du chasseur a retenti soudain,
Que sont-ils devenus? Et les modestes chaumes?
Et les vergers en fleurs d’où montaient tant de baumes?
Et les jours qui coulaient, comme au bois les ruisseaux
Dans la clairière bleue ou sous les noirs arceaux,
Ensoleillés souvent par une paix profonde,
Assombris quelquefois par la crainte du monde,
Que sont-ils devenus?… Quel calme dans les champs!
Plus de gais laboureurs. La haine des méchants
Jadis les a chassés, comme, au bord d’une grève,
Quand octobre est venu, l’ouragan qui s’élève
Chasse et disperse au loin, sur l’onde ou les sillons,
Des feuilles et des fleurs les légers tourbillons.
Grand-Pré n’existe plus; nul n’en a souvenance;
Mais il vit dans l’histoire, il vit dans la romance.

Ô vous tous qui croyez à cette affection
Qui s’enflamme et grandit avec l’affliction;
Ô vous tous qui croyez au bon coeur de la femme,
À la force, au courage, à la foi de son âme,
Écoutez un récit que disent, tour à tour,
Et l’océan plaintif et les bois d’alentour.
C’est un poème doux que le coeur psalmodie,
C’est l’idylle d’amour de la belle Acadie!

And through this other excerpt, as well.

Lovely the moonlight was as it glanced and gleamed on the water,

Gleamed on the columns of cypress and cedar sustaining the arches,

Down through whose broken vaults it fell as through chinks in a ruin.

Dreamlike, and indistinct, and strange were all things around them;

And o’er their spirits there came a feeling of wonder and sadness,—

Strange forebodings of ill, unseen and that cannot be compassed.

As, at the tramp of a horse’s hoof on the turf of the prairies,

Far in advance are closed the leaves of the shrinking mimosa,

So, at the hoof-beats of fate, with sad forebodings of evil,

Shrinks and closes the heart, ere the stroke of doom has attained it.

But Evangeline’s heart was sustained by a vision, that faintly

Floated before her eyes, and beckoned her on through the moonlight.

It was the thought of her brain that assumed the shape of a phantom.

Through those shadowy aisles had Gabriel wandered before her,

And every stroke of the oar now brought him nearer and nearer.

Et si vous le voulez bien, ce dont nous ne saurions douter, hâtez-vous de « dévorer » ce charmant petit Chef-d’œuvre.

Éric EG Nogard

Chroniqueur.

 

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Ne Peut être reproduit – même partiellement -  sans l’autorisation de l’Auteur.

 

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Nota : Nous ne traitons que de Faits et de Noms rendus Publics.

 

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