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Billet sur les élections du 8 novembre 2016 chez nos voisins

06-11-2016

Billet sur les élections du 8 novembre 2016 chez nos voisins

 

 par Michel Frankland

Deux aspects m’apparaissent pesants dans la présente campagne américaine.

 

Entendu que je ne commente même l’attitude infernale de Comey sur la divulgation en fin de course de nouveaux courriels de Madame Clinton, alors qu’il sait fort bien qu’ils pourraient être non pertinents. Ce même Comey n’a même pas voulu considérer les allégations irrégulières qui ont multiplement entaché la carrière financière de Donald Trump.

 

Premier aspect : l’effet Brexit. On se souvient du référendum soumis au peuple anglais sur l’adhésion de la Grande-Bretagne au Marché Commun. Fallait-il rester ou le quitter ? Les sondages favorisaient la maintenue de l’union européenne. Les arguments objectifs l’emportaient… Et Brexit a gagné ! Les élites en furent estomaquées ! Elles ont oublié les votes sous le radar. Ces personnes un peu gênées, souvent sans trop d’instruction ou alors mal à l’aise avec l’expression d’une opinion que les grandes gueules officielles et autres journalistes et politiciens à panache rejetaient avec un certain mépris.

 

Or, ces mêmes votes de droite sous le radar vont majoritairement à Trump. De la même façon, au Québec, que le PLQ récolte une claire majorité des indécis.

 

Deuxième aspect : Le virus au cœur même de la politique américaine. La loi américaine permet aux partis politiques d’accepter des dons des entreprises. Il en résulte deux effets pervers. Le premier, et le peuple américain, on l’a vu, le prend mal, consiste dans l’indifférence de bon nombre d’élus envers le peuple. Ils vivent dans l’abondance, comblés multiplement par les dons des grandes entreprises. Il s’agit pour eux de réussir dans l’art de faire vibrer les foules, toujours avides d’entendre de leurs représentants un message d’espoir. Quel cynisme ! Le deuxième a égard aux nombreux passe-droit exigés par les entreprises qui investissent dans le pouvoir. Elles réclament chacune des amendements aux statuts de l’équivalent américain de notre ministère de Revenu. Soit l’IRS, ou Internal Revenue Service. Le souvenir que j’en ai d’une commentaire télévisé : des milliers de pages de documents. Parmi ses entourloupettes légalisées permettant aux puissantes firmes des ajustements grossièrement immoraux se trouvent des trous béants grâce auxquels un chevalier d’industrie comme Trump a pu faire de petits « miracles » financiers[…??].

 

Le drame s’épaissit quand on pense que les États-Unis considèrent ces passe-droits comme un corollaire de l’esprit de liberté au cœur de la Constitution américaine.

 

God help !