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PERSPECTIVE GÉNÉTIQUE 7

31-05-2016

PERSPECTIVE GÉNÉTIQUE 7

LE QI ET LA FRAUDE ou L’ART DE LA GUERRE FINANCIÈRE

 par Michel Frankland

Dans un passé pas si lointain, on mesurait l’aptitude générale au travail physique. Étais-tu capable de labourer ta terre ? Pourvu que tu aies quelques années d’école et que tu puisses compter ta terre, lire et écrire passablement, c’était suffisant. Ou encore, tu réussissais à rejoindre les deux bouts si tu pouvais utiliser une caisse enregistreuse et montrer de l’entregent avec les clients.

Un voleur se pointait au magasin ou à la banque et, à la pointe d’une arme, exigeait un magot. C’est encore le lot des voleurs de bas QI.

Aujourd’hui, puisque l’intelligence consiste à gérer l’information, les voleurs « à quotient » sont de redoutables hackers. Récemment, le chef de la CIA révélait à 60 MINUTES que plusieurs pays ont développé des hackers capables de fermer les réseaux électriques américains. Mais, ironie du sort, ils n’en ont pas envie. Ils préfèrent une Amérique riche pour mieux lui soutirer régulièrement de l’argent et de l’info pertinente.

Mais le vol existe également à une beaucoup plus grande échelle. Il est relié au monde bancaire1.

Rappelons d’abord que la guerre militaire ne constitue que la face la plus connue des formes de guerre. Elle se situe aussi au niveau culturel, politique, économique, et actuellement, elle est surtout financière.

Sun Tzu, dans son classique L’art de la guerre, nous rappelait, six siècles avant Jésus-Christ, qu’une des qualités majeures de la guerre réside dans la mobilité. Or, la guerre financière s’appuie sur quatre migrations : des capitaux, des élites, des dettes et des responsabilités. Cette mobilité résulte du kérygme néolibéral qui affirme les vertus socialement curatives du profit et du libre marché…

Ainsi, les nouvelles lois mondiales du marché l’exigeant, les liens nationaux se trouvent pratiquement réduit à rien. Les escrocs de la haute finance, ayant machiné ce système, ont créé des pirateries internationales. Les Panama Papers vous ont choqués ? Ce n’est qu’une des nombreuses combines actives sur la planète.

Ainsi, des milliards échappent au contrôle fiscal et la maîtrise de ces masses monétaires permet une déterminante inflexion politique indirecte, assurant des lois « intéressantes », à tout le moins une non-intervention.

Comment se fait-il que les banquiers et autres acolytes financiers ne soient pas punis pour de tels vols astronomiques ? Une formule anglaise le résume : « Too big to fail, too big for jail. » Qu’on songe également que ces malfrats financiers sont de la même classe élitiste que celle des politiciens. Ils ont souvent étudié dans les mêmes collèges huppés, ont assisté, aux mêmes réunions mondaines. D’autant plus que la quadruple migration rend les preuves évanescentes, en tous cas fort revêches à la formation d’un dossier.

Vous pensez à des pays lointains. Aux « autres ». Mais plusieurs pays participent à cette guerre moderne. Ainsi, la France est un paradis fiscal pour le Qatar. Les combines s’avèrent multiples et à plusieurs niveaux.

Comment enrayer une telle érosion des finances publiques ? D’abord, en prenant connaissance du dossier. L’article que je vous écris vise cet objectif. Et j’insiste pour que vous consultiez le document internet que j’ai signalé dans la note en bas de la page précédente.

Mais aussi par le courage politique. Le cas de l’Islande et de la Grèce en constitue un excellent exemple. L’Islande, par une ambition déraisonnable, décide de la déréglementation de tout son système financier. Sa richesse fictive a volé en éclats lors de la crise financière de 2008. Les dirigeants islandais, accoquinés aux opulents banquiers, ont voulu appliquer le catéchisme néolibéral : faire payer le peuple. Mais le peuple islandais ne l’a pas pris : pas questions de socialiser les pertes et personnaliser les profits ! Refus populaire d’une belle banqueroute bancaire conforme aux canons néolibéraux. En fait, c’est ce courage « Vicking » associé au fait salutaire que l’Islande avait conservé sa propre monnaie qui les a sauvés. Le peuple dans la rue pendant plusieurs jours a forcé le gouvernement mafieux à démissionner.

La Grèce, par contre, était ligotée par l’utilisation de l’euro. On comprend maintenant le calcul savant du banditisme financier international : l’appartenance à une monnaie de réseaux nationaux lie les mains au pouvoir politique. On peut, subtilement ou pas, lui imposer des coups divers. La forcer à payer ses dettes prématurément. Ou alors, à lui imposer des taux compensatoires abusifs. Ou encore racheter certaines de ses quelques entreprises fonctionnelles – et en couper les salaires, ou déménager l’entreprise… Les pénalités imaginées par ces gros QI sont aussi nombreuses que variées. Et, évidemment, les élites de ces pays le savent… Et l’oligarchie grecque se la coule pas mal douce parce que, sous des dehors de sincérité populaire, elle produit une politique qui lui vaut les ristournes souterraines d’usage.

Ainsi des personnes inhabiles aux champs agricoles sont maintenant des planteurs hors pair. Mais ils « plantent » des peuples entiers et ruinent cyniquement leur économie, par un mariage diabolique du fort QI et de la malhonnêteté.

Voilà qui clôt la série de sept articles sur la perspective génétique. Tenez-vous bien, je vous annonce pour le prochain article un modèle bancaire dont vous ne vous doutez pas !…

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1 Je m’inspire pour le reste de cet article de l’excellent L’art de la guerre financière de Jean-François Gayraud.
http://www.diploweb.com/Quelle-guerre-financiere.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL9890516&utm_medium=email