Montréal

Nouvelles

« Lamentations »

08-07-2015

« Lamentations »

Ayons pitié de ceux-là

Qui se meurent déjà

Avant même que de naître.

Et qui suffoquent lentement

Dès la première bouffée d’air

Hélas péniblement inspiré

II

Ayons pitié de ceux-là

Dont la triste existence

N’est que désolation

Dans l’indignité la faim

L’insomnie et le deuil.

III

Ayons pitié de ceux-là

Qui subissent leur destin

Sans chanter ni danser

Car ils sont des sans voix

Sourds muets amorphes

IV

Ils croient tout entendre

Mais ne comprennent rien

Ils vocifèrent à l’occasion

Mais n’expriment rien

Ils souffrent atrocement

Et n’osent même pas pleurer

Car leurs sourires grimaçants

Transforment leurs visages

En des masques qui font peur

V

Ayons pitié de ceux-là

Qui du matin au soir

S’en vont ici et là

Sans but ni objectif

Suant sang et eau

Toujours en quête

D’une quelconque croûte

Hélas de n’importe quoi

Et qui reviennent toujours

Avec les mains vides

Et le ventre creux

VI

Ayons pitié de ceux-là

Qui ressemblent à des fantômes

Pourtant nos frères en vérité

Méprisés opprimés zombifiés

Ayons pitié de nos sœurs et frères

Car, aujourd’hui c’est eux…

Demain ce sera peut-être nous

VII

Nous privilégiés qui demeurons

Insensibles à leurs lamentations

Nous qui n’avons pas su leur tendre

Cette main douce et fraternelle

Qui aurait pu les aider

Les sauver eux et nous

VIII

Ceux-là qui ne font que prier

Avec la plus grande ferveur

Et qui se demandent perplexes

Si leurs dieux les entendent

IX

Ayons pitié de nos sœurs et frères

Avant qu’il ne soit trop tard.

Aujourd’hui, c’est eux

Demain – Qui sait?

Ce sera peut-être nous !