Edition spéciale
 
« moïku »
       Le haïku est un poème très concis de trois vers libres dont le premier et le troisième comptent cinq pieds, le deuxième de sept pieds. Le haïku a été conçu au 19ème siècle par un poète japonais. Il est pratiqué avec succès aux États-Unis, en France, au Canada et en Haïti.
       Le « moïku » pour sa part, un aphorisme en vers rimés, se veut l’heureux mariage de la philosophie et de la poésie. Il s’agit d’un poème, concis lui aussi, se composant de quatre vers de six pieds chacun et dont les rimes sont identiques.
       Heureuse trouvaille de l’auteur qui a fait des adeptes auprès de plusieurs amies-lectrices et lecteurs un peu partout sur la toile et qui sera l’objet d’une première publication sous peu.
La poésie de Me Serge H. Moïse av.
« moïku »
Rugir comme un lion
Et passer pour un con
Termine la discussion
Maintient la division
« moïku »
A jouer du hautbois
A l’orée du bois
Amusera le roi
Assis sur le toit
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Mentez mentez mentez
Et vous les confondrez
Les menant par le nez
Tels des nouveaux nés
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Sois très prudent le mec
Car l’hiver au Québec
Pourra te casser le bec
Si tu te trouves à sec
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Lorsque tu te réveilles
Entouré de merveilles
Tu repenses à la veille
En oubliant la vieille
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Et même si c’est odieux
Les enfants du bon dieu
Se trouvent très heureux
De pratiquer ce petit jeu
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Une queue en gestation
Chez un petit garçon
Qui s’appelle Sonson
Deviendra un canon
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Que dit la psychologie
Eu égard à ces envies
Qui envahissent une vie
A en faire des maladies
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« moïku »
Pour pouvoir : bien dire
Il faudra apprendre à lire
Ne pas seulement sourire
En persistant à se : redire
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Le gouvernement aux abois
Fera hélas feu de tout bois
Dans l’irrespect de la loi
Le désordre devient roi
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Les femmes élèvent la voix
Et réclament des emplois
La refonte de nos lois
Pour une énième fois
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Celles de la diaspora
Demeurent en émoi
Mais se tiennent coi
Et priant avec la foi
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Braire dans son pâturage
Pour éviter tout dérapage
Recommandait notre sage
En contemplant le paysage
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Plus tard risque d’être tard
Question à bien des égards
Qui suscite tant de regards
Même du côté des bavards
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Tu as beau courir la gueuse
Et tu ne seras pas heureuse
Les promesses faramineuses
Cachent une réalité affreuse
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Si tu dis à un sot
Qu’il est un idiot
Il te coiffe d’un flot
De bien vilains mots
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En sortant du restaurant
Tu rencontres ce client
Il te retient un moment
Et te dis ces tourments
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Tu l’invites à ton cabinet
Et au bout du tourniquet
Il te demandera un billet
Tu ne le reverras jamais
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Bénéficier de tes erreurs
Ne fera pas ton bonheur
Et suscitera la rancœur
Chez ceux qui ont peur
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L’obéissance absolue
Pour toute hurluberlue
Serait de boire la cigüe
Pour plaire à cette grue
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Je ne puis être : heureux
Qu’au pays de mes aïeux
Et je demande aux cieux
De ne pas lui être odieux
« moïku »
Ils seraient plutôt forts
Dans ce genre de sport
Si arrivés tous au port
Il n’y avait pas de mort
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Nos frères de la diaspora
Ne danseront pas le rara
 En raison du dit choléra
Don de la MINUSTAH
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L’affaire André Michel
Aurait assombri le ciel
Et c’est très caractériel
De notre état démentiel
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En traversant la frontière
Ils disaient adieu misères
Sans penser à cette filière
A saveur tellement amère
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Du temps du bon négrier
Quand il fallait te griller
Le commandeur – cocher
Installait un beau bûcher
« moïku »
Avons-nous appris
A nos tout petits
Que pour Haïti
Ils seront la vie
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Ils auront grandi
 Y feront leur nid
Puis petit à petit
L’auront rebâtie
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Il en sera ainsi
Et les tout petits
Qui auront grandi
Seront alors ravis
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Haïti la plus belle
Si douce et réelle
Telle une dentelle
Restera la plus belle
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Réécrivons l’histoire
De nos tristes déboires
Et pas question de boire
Ce mélancolique ciboire
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Je suis plutôt chanceux
Certes un tantinet vieux
Et je remercie les cieux
De me sentir si heureux
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