INTÉGRATION AU TRAVAIL
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 Par Claude Snow
     Le Nouveau-Brunswick tente par tous les moyens d’intégrer les assistés
sociaux au marché du travail, ce qui n’est pas mal en soi, mais le programme
CET (Compétences essentielles au travail) qu’il a institué répond-il
réellement aux besoins des citoyens? Fait-il fausse route?
   Le programme a pour but de fournir aux adultes aptes au travail les
compétences nécessaires en vue de se trouver un emploi. L’objectif final,
tel que déclaré (1), n’est pas d’amener ces citoyens à penser librement, Ã
les aider à définir les problèmes, à trouver des réponses adaptées, Ã
développer l’esprit critique ou à réfléchir sur l’état de la société, mais Ã
répondre principalement aux besoins du milieu du travail. L’acquisition de
compétences revêt donc une dimension fonctionnelle au profit des employeurs.
          Les compétences portent surtout sur les habiletés suivantes: lecture,
rédaction, calcul, communication verbale, travail d’équipe et utilisation
des ordinateurs, mais si les gens n’apprennent pas à penser, à réfléchir, Ã
analyser, à trouver des solutions et à faire des remises en cause, est-ce
qu’ils sont susceptibles de devenir de meilleurs citoyens? Dans le cas d’une
personne qui a déjà une scolarité de base, l’acquisition de compétences au
travail est un atout, mais quand la formation de base n’y est pas?
            N’est-il pas opportun de rappeler ce que disait George Carlin: «Les
gouvernements ne sont pas intéressés à ce que les citoyens développent une
pensée critique. Ils veulent des travailleurs obéissants, des gens assez
brillants pour faire marcher les machines et assez caves pour accepter
passivement ce qui leur tombe dessus.»






