Le droit à mourir
   Â
        Par Michel Frankland
Sur le droit à mourir, j’ai trois convictions. Bizarrement, sauf pour la première conviction, je n’en ai entendu aucune mentionnée, bien qu’elles m’apparaissent fondamentales.
Première convic
tion : le droit à mourir est éminemment personnel. Il s’avère important de bien situer le problème. Sur ce sujet, je ne place pas la morale là où on la place généralement. Car parce qu’ils trouvent la démarche euthanasique immorale, les opposants tiennent mordicus à imposer leur point de vue à l’ensemble de la société. Ma morale sur ce genre de problèmes, c’est que la décision sur sa propre vie doit dépendre exclusivement de l’individu. Qui sommes-nous pour priver un individu d’un acte absolument personnel et tout à fait naturel – le droit de décider pour soi d’une réalité aussi intime que sa propre vie !
J’en donne un exemple par cas parallèle. Je suis catholique tout ce qu’il y a de pratiquant et de convaincu. Avec cette logique d’imposition, je devrais exiger que tous deviennent catholiques. On voit le non-sens. Et je dirais même l’absurdité. En effet, croyant en Dieu, il suit que j’affirme implicitement la foi dans l’ultime décence de toute personne. Et donc, la liberté de chacun à décider pour soi. Bref, ce n’est pas parce qu’on a des convictions morales qu’on a le droit de les imposer aux autres.
Deuxième conviction : Supposons la loi entérinée par l’assemblée nationale. Vous êtes médecin. Pour des raisons personnelles, qu’elles soient philosophiques ou religieuses, vous ne pouvez concevoir assister une personne à mettre fin à  ses jours. On ne connait pas encore le libellé de la loi. Mais si elle est ainsi rédigée d’une manière à laisser entendre implicitement, par omission du traitement de cet aspect, que chaque médecin est tenu de pratiquer cette assistance à mourir, elle serait alors inacceptable.
Troisième conviction : D’une certaine façon, la plus importante. Pourtant, sauf erreur, je ne l’ai pas vu traiter par les médias. Introduisons-la par une rencontre fictive entre ainé et un de ses enfants. « Papa, tu sais comment Pierrot est une lumière. Eh bien, il a une bourse pour étudier à Harvard, mais elle s’avère, tous calculs faits, insuffisante. As-tu une solution ? Remarque, je ne te demande pas de te faire euthanasier, mais si tu trouvais quelque chose…» Ou encore : «Maman, mon mari et moi, on s’est séparés. Je suis pratiquement dans la rue. Je suis désespérée… Vois-tu une solution ? Je t’aime bien trop pour penser à l’euthanasie, mais si tu trouves quelque chose…»
Ce double langage m’apparaît particulièrement hypocrite. Les ainés assez âgés placés en soins gériatriques ou vivant dans leur résidence n’ont plus l’acuité intellectuelle, la solidité émotive et l’indépendance psychologique qu’ils possédaient plus jeunes. Ils sont d’autant plus vulnérables qu’ils se sentent passablement laissés pour compte. Plusieurs d’entre eux voudraient aider leur famille. Bref, ce sont des victimes parfaites au chantage subtil de leur progéniture. Si la loi sur le droit à mourir n’inclut pas un passage clair sur la gravité légale d’une telle attitude, et les sanctions sévères qu’on imposera aux coupables, il faudrait voter contre.
En pratique, ce kindnapping monétaire familial a lieu surtout chez des parents encore conscients, assez riches pour vivre décemment mais pas assez pour libérer des fonds pour leurs enfants… Sauf qu’ils ont contracté dans un passé assez lointain des assurances-vie juteuses. Si bien que seulement le décès rendrait les sommes disponibles…
On pourrait même surenchérir. Il n’est pas impensable que les gériatres estiment que le seul fait de l’adoption de cette loi constitue en soi une source d’appréhension, voire d’angoisse chez les ainés placés en résidence. D’aucuns jugeront cet élément suffisant pour voter contre le projet de l’assistance à mourir. Chacun en jugera.
En somme, la loi sur le droit à  mourir sera acceptable à une triple condition. Elle devra d’abord s’assurer qu’il s’agit bien de la volonté consciente de la personne qui désire mettre fin à ses jours (nous nous référons bien sûr à des souffrances pénibles). Elle devra ensuite n’imposer à aucun médecin d’assister à mourir. Enfin, elle rappellera la nature odieuse du chantage à la victimisation terminale, subtil ou non, auprès des ainés, sous peine de sévères sanctions.
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